Traduction, sous-titrage et doublage des séries télévisées africaines (par Laurier Yvon Ngombé, Juriste, Docteur en droit, Enseignant)

En se promenant à Kinshasa, à Brazzaville ou dans d’autres villes d’Afrique centrale, on peut observer l’engouement pour les feuilletons nigérians. Tournés dans la langue de Shakespeare ou dans un pidgin du pays de Wole Soyinka, ces œuvres audiovisuelles sont proposées au public francophone dans une version qui leur est accessible. En général, ces feuilletons sont diffusés avec des commentaires en français ou lingala (langue des deux Congos), qui ne remplacent pas les dialogues en anglais, mais s’y superposent. Ce qui évoque plutôt un reportage télévisé.

Il est peu probable que cette forme de doublage ait recueilli l’agrément des créateurs de ces feuilletons. Par ailleurs, la traduction est censée respecter l’œuvre originale. Juridiquement, ces traductions et ces doublages constituent des atteintes à l’intégrité de l’œuvre originale. Il s’agit d’une atteinte au droit moral de l’auteur.

 En principe, la réalisation d’une version française de ces feuilletons à succès suppose d’une part l’accord du titulaire des droits économiques (droits patrimoniaux) qui est, en général, le producteur. Une telle réalisation nécessite, en plus, le respect de l’œuvre de l’artiste. Ce qui implique qu’on ne peut dénaturer l’œuvre sans une autorisation préalable de l’auteur.

Le scénario idéal n’est-il pas celui dans lequel les créateurs et les investisseurs bénéficieraient des exploitations de leurs feuilletons en français et le public d’une version de qualité au moins identique à l’original ? Cela suppose un minimum de respect du droit d’auteur.

 LYN

(c) avril 2011